06/07/2010

Origine de l'univers: Dieu ou rien ?

http://www.huffingtonpost.com/deepak-chopra/will-the-god-...

A comparer aux thèses de:

1. Aristote

A l'origine de tout se trouve donc un "moteur immobile" - concept que Thomas d'Aquin a repris d'Aristote, qui disait que Dieu est un être "qui meut le monde sans être mû".

2. Anselme de Canterbury

D'origine italienne (il est né en 1033 à Aoste), il passa l'essentiel de sa vie en France et en Angleterre.

"La seule idée sensée que nous pouvons avoir de Dieu est celle d'un être infiniment grand et parfait. Car tout le reste ne pourrait être Dieu, du moins au sens chrétien du terme. On pourrait ainsi dire que Dieu est ce au-delà de quoi on ne peut imaginer quelque chose de plus grand. Mais si l'idée de Dieu est associée à l'idée qu'il possède toutes les qualités de la grandeur, il faut aussi y associer sa qualité d'existence. S'il n'existait pas, il lui manquerait en effet au moins une qualité, à savoir celle d'être - et dans ce cas il ne serait pas Dieu. Quelque chose au-delà de quoi on ne peut imaginer quelque chose de plus grand doit donc forcément exister, sinon cette idée est absurde. On peut donc en tirer la conclusion que Dieu existe." Son adversaire fut le comte de Montigny qui, après une vie trépidante est dissolue, devint moine sous le nom de Gaunilo au couvent de Marmoutiers, près de Tours, sur les bords de la Loire. Gaunilo écrivit à Anselme qu'il ne suffisait pas d'une notion déterminée de façon acrobatique pour prouver l'existence de queqlque chose. Gaunilo recopia la "preuve" d'Anselme en remplaçant chaque fois les mots "être parfait" par les mots "île parfaite". De cette façon, et en n'utilisant que les mots d'Anselme, il prouva la nécessaire existence de l'île. De la même façon que l'excellence insurpassable de Dieu prouvait son existence, l'excellence insurpassable de l'île suffisait à prouver son existence. Anselme finit par demander que chaque fois que l'on cite sa "preuve' de l'existence de Dieu on y adjoigne le contrepoint de Gaunilo. Fair play, non ?

L'argumentation d'Anselme est devenue célèbre sous l'expression: preuve ontologique de Dieu (ontologie:science de l'être).

Pendant tout le Moyen Age et jusqu'au début des Temps modernes, la preuve de Dieu donnée par Anselme a eu un poids énorme alors qu'elle ne fait pas plus d'une page. NDLR: pendant ce laps de temps, aucune célébrité n'a osé nier l'existence de Dieu.

3. Thomas d'Aquin

Issu (né vers 1225) d'une noblesse italienne d'Aquin (entre Rome et Naples), sa renommée va de loin dépasser celle d'Anselme. Ayant découvert les oeuvres d'Aristote très tôt, il essaie d'approcher la religion et la raison pour prouver l'existence de Dieu par le rationnel dans son oeruvre majeure "Somme théologique" écrite vers 1265.

Le jeune dominicain avait de séreux  problèmes avec la preuve de Dieu avancée par Anselme. Sans citer son prédécesseur,  Thomas critique la façon alerte dont Anselme déduit l'existence effective de Dieu de l'idée de Dieu. Si je pense un Dieu parfait, je peux seulement en déduire que Dieu existe dans ma pensée mais pas qu'il existe de fait. Et Thomas va encore plus loin. Il conteste le fait que l'on puisse parler de "la plus grande de toutes les idées". Car la plus grande de toutes les idées est soit tellement grande qu'il m'est impossible de me la représenter, soit trop petite. En effet, quoi que je pense ou imagine, je peux toujours imaginer quelque chose en plus, et donc quelque chose de plus grand. Si l'on prend le plus grand nombre connu, on peut toujours lui ajouter 1. La preuve de Dieu avancée par Anselme était de ce fait fausse dès ses prémices parce que la plus grande de toutes les idées n'existe pas.

Thomas prouve l'existence de Dieu par la logique de la cause et de l'effet. Sa preuve de Dieu est une preuve causale. Vu que le monde existe, il a forcément dû naître un jour car rien ne naît de rien (?) (NDLR: Peut-être le LHC prouvera que cela est possible). Il a fallu un effet premier pour tout créer, ou du moins donner une impulsion. Et ce qui est premier est  en soi  immobile - sinon, il ne serait pas au début de tout mais serait lui-même l'effet d'une cause première. A l'origine de tout se trouve donc un "moteur immobile" - concept que Thomas a repris d'Aristote, qui disait que Dieu est un être "qui meut le monde sans être mû".

4. Immanuel Kant

La critique de Kant sur la logique des preuves de Dieu a démarré à partir de la preuve ontologique de Dieu. Il  la connaissait dans la variante de Descartes, très proche de la preuve avancée par Anselme. Et l'influence de Kant fut énorme. Même si l'on a ensuite essayé de prouver l'existence de Dieu, la preuve ontyologique de Dieu passa aux oubliettes pour un long moment.

Il est donc d'autant plus surprenent de voir resurgir à l'époque actuelle une discussion scientifique portant sur les preuves de l'exsience de Dieu. L'eau qui vient soudain alimenter les moulins de ceux qui aimeraient bien prouver l'existence de Dieu arrive cette fois d'un horizon jugé plutôt neutre: la neurologie. Celle-ci ne se contente pas réhabiliter les sentiments où qu'ils se trouvent  - un certain nombre de neurologues croient qu'ils sont sur les traces du mystère de Dieu. Le premier qui a cru gagner du terrain dans ce domaine fut le neurologue canadien Michael Persinger.

D'autres essaient de prendre le relais dans cette recherche sans fin: philosophes, sociologues, théologiens, ... scientifiques. On n'est pas sorti de l'auberge, par exemple parmi les théologiens et religieux, il y a pas mal de sientifiques célèbres: Lemaître, Copernic, etc.

"Nombreux ont été les physiciens qui étaient ou bien très religieux, ou bien ordonnés eux-mêmes. Par exemple, Nicolas Copernic était moine, Edme Mariotte était prêtre et Georges Lemaître abbé. L'explication tient sans doute au fait que les religieux de ces époques étaient pratiquement les seuls lettrés". Extrait de Wikipedia

Aucuns de ces "scientifiques" n'a mis en doute l'existence de l'âme hors du corps, càd de l'esprit indépendamment du physique.

Extrait de "Qui suis-je et si je suis combien ? Voyage en philosophie"  par Richard David Precht, Ed. Le Grand Livre du mois

09:06 Écrit par attila dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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